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Higginson, Thomas Wentworth, 1823-1911

"Tales of the Enchanted Islands of the Atlantic"

Les pauvres gens, se trouvans tous seulz en la compaignye desbestes saulvaiges et cruelles, n'eurent recours que a Dieu seul, qui avoiteste toujours le ferme espoir de ceste pauvre femme. Et, comme celle quiavoit toute consolation en Dieu, porta pour sa saulve garde, nourriture etconsolation le Nouveau Testament, lequel elle lisoit incessamment. Et, audemourant, avecq son mary, mettoit peine d'accoustrer un petit logis lemieulx qui'l leur estoit possible; et, quand les lyons et aultres bestesen aprochoient pour les devorer, le mary avecq sa harquebuze, et elle,avecq les pierres, se defendoient si bien, que, non suellement les bestesne les osoient approcher, mais bien souvent en tuerent de tres-bonnes amanger; ainsy, avecq telles chairs et les herbes du pais, vesquirentquelque temps, quand le pain leur fut failly. A la longue, le mary ne peutporter telle nourriture; et, a cause des eaues qu'ilz buvoient, devint sienfle, que en peu de temps il mourut, n'aiant service ne consolation quesa femme, laquelle le servoit de medecin et de confesseur; en sorte qu'ilpassa joieusement de ce desert en la celeste patrie. Et la pauvre femme,demouree seulle, l'enterra le plus profond en terre qu'il fut possible; siest-ce que les bestes en eurent incontinent le sentyment, qui vindrentpour manger la charogne.


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